Le mur du patrimoine : Un dispositif d'attractivité touristique

Culture

Après les Emirats Arabe Unis (Dubaï) et le Brésil, le Benin se place troisième du mur de graffiti le plus long au monde, et certainement le premier en d’Afrique. Cette attraction, loin d’être une galerie d’art à ciel ouvert, est un attrait touristique qui se situe en plein cœur de la ville de Cotonou, capitale économique du pays.

Un joyau de près de 2000 mètres carrés s’étend sur une longueur de 940 mètres. “Le mur du patrimoine” ainsi baptisé depuis qu’il a reçu les inspirations des artistes venus le « graffer », qui servait de clôture à la défunte Organisation Commune Bénin-Niger (Ocbn), devient un patrimoine national. Ce mur est situé dans le quartier Dota, dans le 5ème arrondissement de Cotonou, en quittant le carrefour Zongo et menant au pont Konrad Adenauer. Il est la nouvelle attraction culturelle et touristique au cœur de Cotonou. Il fait du Bénin le premier pays d’Afrique disposant du mur graffé le plus long et le troisième au monde. Une énorme  richesse culturelle qui contribue à la transformation du visage de la ville. Une œuvre du festival “Effet Graff”. C’est un festival d’art urbain d’Afrique francophone initié par le Laurenson Djihouessi, artiste graffeur béninois, en 2013, sous l’égide de l’Association Sèna Street Art (Assart). Sa septième édition a connu la participation de 24 artistes plasticiens (graffeurs) béninois, togolais, burkinabè, français, finlandais et sénégalais. Ces hommes et femmes ont, du 12 au 21 février 2021, contribué à la décoration du mur en graffitis.

Pour toute fin utile, le Graffiti est un art visuel qui se matérialise par une inscription exécutée sur une surface. On en retrouve, remontant à plusieurs siècles avant notre ère, de la simple marque de griffure à des représentations plus élaborées, en passant par des textes, parfois difficiles à déchiffrer. Le thème abordé par les artistes lors de cette édition est : Le Bénin : Patrimoine et potentiels. L’objectif de cette édition est de conter l’histoire des peuples du Bénin et de tous les éléments qui font la spécificité de sa culture, sa tradition et la valorisation de certaines icones béninoises. On peut donc y trouver des illustrations du Roi Béhanzin, la récade, la Porte du retour, les Egungun, l’homme-orchestre Sagbohan Danialou, la diva Angélique Kidjo. De vibrants hommages aux amazones, la reine effacée Tassi Hangbé, les masques Guèlèdè. De même qu’un hommage au général Mathieu Kérékou et à la mémoire Marcelline Aboh, comédienne béninoise.

Le projet du  « mur du patrimoine » connaît désormais l’adhésion des autorités à divers niveaux du pays. Ainsi, Jean-Michel Abimbola, ministre du Tourisme, de la Culture et des Arts, a effectué une visite sur les lieux pour féliciter les festivaliers et apporter le soutien institutionnel et financier du Gouvernement du Bénin. Suite à sa visite, Oswald Homeky, ministre des sports, s’est aussi rendu sur le site, pour apporter son soutien personnel au projet. La présence de ces deux autorités aux côtés des festivaliers est une preuve que les initiateurs ont fait un travail artistique remarquable. Leur travail participe à la révélation des talents des graffeurs et l’esthétique de la ville de Cotonou. “Effet Graff fait du mur de l’ex Ocbn un musée à ciel ouvert.

Raoul Donvidé