Fespaco : La Covid-19 retarde la 27è édition

Culture

Les autorités burkinabè ont annoncé ce vendredi 29 janvier de reporter à une date ultérieure du principal rendez-vous du cinéma africain en raison de la pandémie liée à la maladie à coronavirus. Cette édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision devait se tenir du 27 février au 6 mars.

« Au regard de la situation sanitaire, tant au plan national qu'international, liée à la pandémie du coronavirus, il sera difficile de tenir le Fespaco à bonne date », a fait savoir Ousseni Tamboura, le porte-parole du gouvernement et ministre de la Communication lors d’un point presse à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. En effet, le Burkina Faso, où 10 423 cas de Covid-19 ont été confirmés depuis le début de la pandémie pour 120 décès, connaît, comme le reste de l'Afrique de l'Ouest, une deuxième vague plus importante que la première. Depuis le début de la pandémie, le Burkina Faso a confirmé 10 423 cas de Covid-19 et 120 décès. Ce pays est le septième au sein de l’espace de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao). Ce report est annoncé deux jours après celui du Festival de Cannes, plus important festival de cinéma au monde, qui se tient traditionnellement en mai mais reporté au mois de juillet. Premier festival à démarrer l'année, la Berlinale, qui devait initialement se tenir du 11 au 21 février en Allemagne, a également été contrainte de reporter son édition à début mars, où la compétition se tiendra en ligne en raison de la pandémie.

Mauvaise nouvelle pour l'hôtellerie et du tourisme

Ce report est un coup dur pour le secteur de l’hôtellerie et du tourisme au Burkina Faso. Depuis l'avènement de la pandémie liée au coronavirus, tout est au ralentit. Cette pandémie à paralyse tous les secteurs d'activité. L’association professionnelle des hôteliers et restaurateurs du Burkina Faso qui comptait sur ces événements pour sortir la tête de l’eau, a été à nouveau déçue. Selon Célestin Zoungrana, président de l’Association professionnelle des hôteliers et restaurateurs du Burkina Faso.« Vraiment, le secteur ne se porte pas bien et c’est depuis une année, d’ailleurs, que les touristes ne viennent pas. Ces événements constituaient quand même des sources de financement pour le secteur » a-t-il souligné. Après l'annulation des événements comme: la Semaine nationale de la culture, le Salon international de l’artisanat de Ouagadougou ou encore le Festival panafricain du cinéma et de la télévision, les professionnels de l’hôtellerie et du tourisme attendent des mesures pour soulager un secteur déjà en crise

Fespaco: L'expression du 7ème art africain.

Depuis sa fondation en 1969, le Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) – devenu biennal en 1979 – s'est imposé à la fois comme la principale manifestation internationale pour les professionnels du 7e art africain et de sa diaspora et comme une grande fête populaire. Chaque édition voit des films de tous formats entrer en compétition pour briguer la récompense suprême, l'Étalon d'or. Alors qu'il devait se tenir fin février, il a été, comme le Festival de Cannes ou la Berlinale, reporté, dans un contexte de rebond de l'épidémie de Covid-19 en Afrique de l'Ouest.  Il s'est révélé tel le  principal rendez-vous du cinéma en Afrique qui se tient tous les deux ans à Ouagadougou.  Lors de la dernière édition en 2019, le festival a présenté plus de 160 films de tout le continent, mais aussi de la diaspora pour briguer la récompense suprême. L’Etalon de Yennenga, le trophée légendaire du Fespaco, inspiré par la princesse guerrière du mythe fondateur de l’empire des Mossis, est devenu la « Palme d’or africaine » et l’un des symboles de l’identité culturelle africaine.

Raoul Donvidé