7ème Festival Effet Graff: Des graffitis sur un kilomètre

Culture

Du 19 au 21 février 2021, le long de la clôture de l’ancienne Organisation commune Bénin-Niger qui s’étend sur près d’un kilomètre a reçu un important coup de lumière artistique. Dans un style vivant et attractif, ces artistiques venus de divers horizons tentent de rendre l'histoire et les réalités culturelles du pays immortelles par le biais de leur art, leur savoir-faire.

Les usagers de la route qui longent le mur des cheminots, ont le regard scintillant depuis ce mardi 23 fevrier, à chaque fois où ils doivent côtoyer cette grande clôture. «Que c'est beau!» clame Constantine, la quarantaine. A l'instar de Constantine, ils sont nombreux à se laisser téléporter par cet "art narrateur" qui se draine le long de la clôture de l'Ocbn.  Ce mur jadis délabré et mal entretenu s'est vu rajeunir. L'édifice offre une vue sensuelle grâce aux fresques murales. Se suivent, des masques de Guèlèdè savamment dessinés, des figures emblématiques de la musique béninoise, telles que Sagbohan Danialou, Angélique Kidjo ainsi que des patrimoines comme les masques Egoungouns, le Python de Ouidah ou encore des dénominations claniques comme Ayatô représentés dans de vives couleurs qui ne laissent personne indifférente. Cette  merveille est le fruit du festival ‘’Effet Graff’’. Initié depuis sept ans, il se révèle comme l'un des grands  événements de graffiti de l'Afrique francophone. Son objectif est de mettre un point d'honneur sur les grandes figures noires qui ont marqué aussi bien l’histoire du Bénin, de l’Afrique ainsi que celle du monde entier.  « La vision pour nous, c’est d’abord de créer un musée à ciel ouvert et d’avoir le record du plus long mur jamais graffé en Afrique. Par ailleurs, nous voulons permettre aux populations qui ont déjà une maturité en matière de décodage de l’art, d’être sensibilisées sur les valeurs de notre culture et celle du monde », a expliqué Lorenson Djihouessi l'un des pionniers de l'événement.

Toujours présent à accompagner les événements d'inspiration culturelle, le ministre béninois en charge des arts, de la culture et du tourisme ne s'est pas fait conter l'événement. Avec quelques membres de son ministère, il a sillonné le regard curieux toutes les œuvres tout en posant des questions de compréhension majeure aux artistes. « C’est tout simplement agréable ce qui se déroule désormais sous les yeux sur ce boulevard qui arpente ce mur de l’Ocbn. Un acte de dévouement et de détermination venant de jeunes artistes graffeurs qui vient rompre avec l’histoire originelle du graffiti et qui oriente vers la maîtrise et la connaissance des richesses patrimoniales du Bénin. C’est à encourager » a martelé l'autorité ministérielle. Le thème de cette septième édition est « le Bénin, Patrimoine et potentiel ». Elle a pour mission de raviver la mémoire et donner de l’agréable à voir aux visiteurs de la capitale économique du pays. Elle a connu des artistes de plusieurs pays comme le Sénégal, le Togo,  la France, la Finlande.

Raoul Donvidé