Trophées Goya en Espagne : Adù distingue le Bénin

Culture

Tourné essentiellement  au Bénin,  notamment dans les villes de Cotonou, Porto-Novo, Adjara, Ouidah, Grand-Popo, ou encore Ganvié Le film Hispano-béninois Adù est le fruit des efforts conjugués des férus du cinéma béninois et espagnol. Esquisse d'un travail formidable, la production a reçu quatre récompenses lors des trophées Goya en Espagne.

Adù, ou Moustapha Oumarou est le personnage principal du film. Un long métrage de qui retrace d’une part, le parcours et les difficultés d’un jeune adolescent face au  phénomène de migration vers l’Europe et d’autre part, les difficultés d’intégration d’un expatrié dans sa mission de protection de la faune locale face aux exactions des braconniers et gardes du parc animalier dans lequel il travaille.

Lors de la 35ème édition des Goya Awards 2021 en Espagne, le film a reçu quatre grands prix. Outre le sacre  de la meilleure réalisation, ou du meilleur espoir masculin (pour Adam Nourou), la meilleure production, et le meilleur son sont revenus à cette première dans l’histoire du 7ème art, qui relie l’Espagne au Bénin. Et pour ce qui est de la valeur de ces distinctions les trophées Goya en Espagne, équivalent aux Oscars des États Unis ou aux  Césars en France. Derrière un tel succès se cachent nombre de cinéastes béninois, les uns aussi talentueux que les autres. De plus, cette réussite révèle le Bénin comme également une destination cinématographique au plan mondial surtout dans le domaine du décor.

Claude Balogoun, Directeur de Gangan Production qui avait à la charge la réalisation de ce film, débodait de joie à l'annonce de la nouvelle. « C’est une joie immense pour moi et pour toute l’équipe technique qui, autour de moi, a fait aboutir ce projet (…). Ça, c’est le meilleur diplôme que nous venons de recevoir parce que nous avons tourné le film avec près de 600 personnes dont 70 Espagnols et une quinzaine de Nigérians…», confie-t-il.

Des hauts et des bas

A l'issue de la production, cinq choses ont retenu l'attention du producteur Claude Balogoun. « Le chef de l’Etat était là pour visiter le chantier de réfection du Hall des arts et nous, on était dans la cour (…) Ce n’était pas prévu et le chef de l’Etat aussi ne savait peut-être pas qu’il y avait un casting du genre à l’heure-là ou peut-être qu’il l’a appris… Mais pour nous, sa présence était un moment très fort avant la production », a-t-il reconnu. A l'en croire, cette visite du Chef de l'Etat a été un coup de pouce majeur dans la réussite de ce film.  L’engagement et la force de Bella Agossou ont été aussi décisifs dans la réalisation de ce film selon le producteur. Mais au cours de cette aventure, tout n'a pas été rose. « L’équipe espagnole a passé plus d’un mois à Cotonou et environs cherchant en vain le petit de 7 à 9 ans qui va incarner l’acteur principal du film. L’équipe a failli faire descendre un autre petit d’une autre nationalité. Mais on s’est dit ‘’allons à Parakou pour voir’’. C’est fortuitement à Parakou que la directrice du casting rencontre ce petit qui s’amusait avec des enfants de son âge, et c’était le petit qui dirigeait l’équipe. Ça a intrigué la dame qui s’est rapprochée de lui, et a demandé son nom. Le petit répond Moustapha, et la dame demande ensuite son patronyme puis le petit répond: non ! Je suis chef quartier… (rires). C’est comme ça que le petit a été identifié », raconte Claude Balogoun. Moustapha sera alors l'acteur principal du film et, sans aucune formation de  base a impressionné tout le monde par son jeu d'acteur.

Raoul Donvidé.