Quand Houngbédji rétro pédale…

Politique

La participation du Parti du Renouveau Démocratique aux côté des Forces Cauris pour un Bénin Emergent à la prochaine présidentielle dénote d’une bonne surprise pour l’ensemble de la classe politique. Pour des raisons antérieures, un tel mariage dénote d’un forfait.

Grande a été la surprise des curieux et autres observateurs politiques d’apprendre à quelques heures de la clôture de dépôt des dossiers à la Commission Electorale Nationale Autonome, que le Parti du Renouveau Démocratique forme un tandem avec la Renaissance du Bénin, aux côtés des Forces Cauris pour un Bénin Emergent pour porter la candidature de Lionel Zinsou à la présidentielle de février prochain. Dans tous les états-majors, cette « dernière minute » a été perçu comme une trahison d’un peuple pour certains et une tristesse affligeante pour d’autres. Une certaine catégorie s’y attendait plus ou moins. D’aucuns espéraient vainement que le choix du Prd se serait porté sur son camp.


Adrien Houngbédji a pris faits et causes pour Lionel Zinsou, oubliant que c’est Boni Yayi qui tente vaille que vaille de l’imposer au peuple béninois. L’ancien administrateur de PAI Partners, Lionel Zinsou, pourrait être le bon profil comme les sérieux candidats à cette présidentielle, mais les intérêts du parti de Adrien Houngbédji devraient passer avant les intérêts du peuple et de la Nation. Ce choix faisant, il a trahi la confiance que le peuple lui a confiée en le faisant par les députés interposés, président de l’Assemblée Nationale. En langage ordurier, on peut dire qu’il a ravalé ses propres vomissures. Adrien Houngbédji a oublié un instant, son élogieux discours prononcé lors de son investiture comme président de l’Assemblée Natioanle. Il disait ceci « … Beaucoup de choses ont été dites et écrites sur les élections du 26 avril qui ont donné naissance à notre législature, et à son Bureau. L’allégorie des deux télécommandes a été fréquemment invoquée. Ni l’une ni l’autre ne sont vertueuses. Ce que je veux dire ici avec force, c’est qu’une élection n’est juste et équitable que si les moyens disponibles sont eux-mêmes justes et équitablement alloués.


Ce que je veux dire ici avec force, c’est qu’il faut condamner les méthodes qui dénaturent la démocratie. Je veux proclamer ici l’impérieuse nécessité d’une réforme approfondie de notre système partisan. ». On voit combien Adrien Houngbédji a trahi sa propre conscience. Celui qui justifie dans ce même discours une alternance au pouvoir, participe à maintenir le système qu’il décrie. Voici ses propos : « … Mais dans le court terme, notre principal défi est politique : il s’agit pour nous de contribuer à l’instauration, d’une transition douce, qui permettra au Bénin de passer sans coup férir, mais sans heurts, d’un régime à un autre le 6 avril prochain dans la plus pure des traditions démocratiques. » . Ces propos ne sont peut-être plus d’actualité pour le locataire du Palais des Gouverneurs. En participant froidement à l’enracinement du système actuel, Adrien Houngbédji aura péché vis-à-vis de lui-même et des générations futures. Il proclame quelque chose et son contraire dans un cynisme propre à son caractère. Tel un sphinx dans la mythologie égyptienne, la conviction politique d’Adrien Houngbédji aura été une chimère durant les 25 ans d’existence de son parti politique. Ce qui explique le fait qu’il ne soit jamais président de la République.