De quoi Soglo a-t-il peur ?

Politique

Qu’est-ce qu’il peut bien faire courir Nicéphore Soglo ces derniers temps où il s’acharne littéralement contre le supposé candidat désigné par Boni Yayi en la personne de Lionel Zinsou ? L’ancien Président de la République  fait des pieds et des mains pour dénoncer une candidature qui selon lui serait imposée par la France.

Devrait-on avoir tort parce qu’on a la peau blanche ou, parce qu’on a été désigné dauphin d’un président en fin de mandat ? La question de la candidature de Lionel Zinsou à la magistrature de notre pays, qui au départ apparaissait comme un amusement de galerie s’est au fil des jours concrétisée pour ne pas dire imposée dans la grande famille politique soutenant les actions de Boni Yayi. Les mécontentements et les grincements de dents ont laissé place à un adoubement résigné de certains barons qui contre mauvaise fortune font bon cœur. Les plus caciques, à l’image de Marcel de Souza ou Alexandre Hountondji, ont dans un premier temps voulu montrer leur témérité. Mais comme Yayi sait bien le faire, certains, comme un chien qui rentre sa queue entre les pattes, se sont rangés vite et bien.


La dernière sortie du Chant d’oiseau de certains leaders politiques à l’invitation de l’ancien président Nicéphore Dieudonné Soglo, forces politiques dites de l’opposition, reste une image très floue et parfois pleine de simagrées. Pour une cause dite nationale, on a revu ensemble et ceci dans un parfait amour Nicéphore Soglo, assis aux côtés d’Albert Tévoèdjrè. Une image que d’aucuns pourraient qualifier d’historique, vu les nombreuses eaux qui ont coulé sous les ponts depuis la défaite de Soglo à la Présidentielle de 1996. Albert Tévoèdjrè fait partie de ceux qui ont réclamé et l’ont eu à travers les urnes, la défaite ô cuisante de Nicéphore Soglo. Les voilà donc pour une cause dite de « souveraineté », parce que le Yovo a été imposé par la France et aujourd’hui, Soglo prend son bâton de pèlerin pour  crier sur tous les toits que Zinsou est un pion de la France.


Nombreux sont les observateurs qui se posent certaines questions sur le mobile subit du vieux Soglo quant au rejet de la candidature de Lionel Zinsou. Pourtant ce dernier a pris soin d’aller prendre des conseils chez un ancien président. Et à la sortie de cette visite tant amicale que protocolaire, tout le monde connait la suite.


Non content de la dernière sortie au chant d’oiseau, l’ancien président poursuit les sorties maintenant médiatiques pour dénoncer la Françafrique, et dénoncer la non maitrise des paramètres sociologiques du Bénin par le supposé candidat Lionel Zinsou pour diriger le Bénin. Nicéphore Soglo a oublié qu’à l’avènement du Renouveau Démocratique, il lui était presque impossible d’aligner des phrases en fon – langue parlée au sud du Bénin – et qu’il a été longtemps chahuté sur son fon tché gbé.


Pourquoi Soglo prend- t- il du plaisir à jouer un rôle qui ne devrait pas être le sien ? Pourquoi en 1991, les béninois lui ont-ils fait confiance parce que ne sachant en réalité d’où sortait-il qu’ils ne le feraient à Lionel Zinsou aujourd’hui ? En s’acharnant contre Lionel Zinsou, Soglo pense –t-il  régler les vieilles querelles entre lui et l’oncle de Lionel Zinsou ?


Autant de questions qui ne trouveraient pas de réponse si ce n’est pas la peur de Soglo de voir un autre Zinsou à la tête du pays. Ou ses raisons sont ailleurs et inavouées.

Régis De SOUZA