Mairie de Parakou: Le coup de grâce de Charles Toko à Boni Yayi

Politique

 

La vengence est un plat qui se mange froid et il faut avoir un sang-froid pour le digérer. Aujourd’hui, dans ses nouveaux habits de maire de la ville de Parakou au nord Bénin, Charles Toko peut avoir un rictus en direction de Boni Yayi avec cette exclamation : Je l’ai bien eu !

La municipalité de Parakou, ville située au nord Bénin, est désormais aux mains de Charles Toko. Journaliste et patron du groupe de presse Le Matinal, avait été qualifié par l’ancien président Mathieu Kérékou de « petit diable » pour ses pamphlets  et ses prises de positions catégoriques. A l’avènement de Boni Yayi en 2006, il faisait partie des artisans communicants. La lune de miel a duré au moins trois temps des cerises et les déboires ont commencé. Cahin-caha, la présidentielle de mars 2011 remet le prince de Tchaourou, Boni Yayi, en selle pour une victoire au premier tour retentissant dans l’histoire politique du Bénin, du Renouveau Démocratique. Le même Charles Toko, qui dans ses aller-retour nous vendait les mérites et les qualités d’un Docteur en économiste hors-pair, reprend dans son quotidien Le Matinal, la rengaine inverse. Il a juré faire partir Boni Yayi par tous les moyens, faisant campagne contre la pseudo-révision constitutionnelle de son poulain ou son supposé dauphin parce que Boni Yayi n’aurait pas respecté ses engagements [hic…]

Le pamphlétaire, Charles Toko, s’est donc allié très vite à un ancien allié de Boni Yayi en la personne de Patrice Talon, qui lui aussi s’est résolu à s’exiler pour échapper à une vindicte dirigée de main de maître par Boni Yayi, pour assouvir sa soif. Celle de lui montrer qu’il n’aurait pas Président de la République sans lui Charles Toko.

Les élections présidentielles de mars 2016, ont porté au pinacle, l’ennemi juré. Et derrière celui-là, on retrouve un certain Charles Toko. Il fallait donc vraiment regarder dans la boule de cristal et croire jusqu’au bout.

 

Dernier retranchement

 

Depuis la passation de service au sommet de l’Etat, Boni Yayi s’est replié tant bien que mal dans le bastion de ce qu’il appelait son fief, Parakou, chez  ‘’ses frères’’.  Aujourd’hui, le fief est dirigé par son ancien allié, celui qui a désormais les clefs de la municipalité de Parakou, Charles Toko.

Son ascension à cette estrade, annoncée comme un ballon d’essai depuis avril 2016, c’est-à-dire à la veille de la prise de fonction de Patrice Talon dans certains milieux est devenue réalité. Charles Toko maire de Parakou est vraiment un pied de nez à Boni Yayi, qui lors des élections communales et municipales a convoyé des élus issus de sa formation politique – les Forces Cauris pour un Bénin Emergent- pour rester maître de la cité. C’est vraiment sans compter sur la ruse et la perspicacité d’un certain Charles Toko qui lui a démontré le contraire.

Contournant les textes de la décentralisation et mettant en place une stratégie politique, le maire placé par Boni Yayi, Karimou Siradjou, a été destitué. Et ce sont les mêmes conseillers FCBE, de Boni Yayi qui dans leur ensemble ont porté Charles Toko à la tête de la cité des Kobourous.

Aujourd’hui, Charles Toko dirige cette municipalité et amorce déjà des réformes