Après sa révocation : Léhady Soglo accuse Patrice Talon

Politique

Suspendu de ses fonctions de maire de Cotonou le 28 juillet 2017 pour fautes lourdes puis révoqué le 02 août 2017 dernier à l’issu du Conseil des ministres,  l’ancien maire de la ville de Cotonou, Léhady Soglo est sorti de son mutisme ce dimanche 13 août 2017. Pour laver son honneur des griefs qui lui sont portés, Léhady Soglo est déterminé à faire respecter les textes de la République par des légitimes voies de recours.  Après avoir donné les raisons qui l’ont amené à fournir sa réponse aux dix (10) questions du Préfet Modeste Toboula, lors de son audition malgré qu’il soit déjà révoqué, il a accusé le gouvernement du Président Patrice Talon d’abus de pouvoir dans le processus de sa révocation.

Lire l’intégralité de son message.

Chers compatriotes,

J’ai décidé de prendre la parole pour m’adresser à tous mes compatriotes, et au-delà, les cotonoises et cotonois qui m’ont confié un mandat d’élu municipal.

J’ai été sensible à votre attention dans cette épreuve, certes dure, mais qui a eu le mérite de nous éveiller sur les possibles abus de pouvoir.

Lorsqu’une cohorte de force armée a pris d’assaut mon domicile, vous avez été nombreux à vous lever spontanément pour agir au nom de la culture démocratique qui nous caractérise.

J’ai personnellement tenu à rendre public les réponses aux questions lors de mon audition pour deux raisons.

•             Parce que le gouvernement à travers le Préfet m’a refusé le droit de répondre de manière méthodique et sérieuse auxdites questions, qui du reste, ont été voulues accusatoire.

•             Parce que je suis débiteur de l’impérieuse obligation de ne point se laisser subsister des doutes quant aux allégations contenues dans ces questions sinueuses et qui tendaient à s’installer dans l’opinion publique, en cas de silence, comme une vérité et un aveu implicite.

Le pouvoir exécutif dispose du droit de suspendre et de révoquer tout maire mais il est aussi tenu de ne point abuser de ce droit et heureusement que nos lois permettent audit maire de pouvoir atténuer par nos juridictions les abus éventuels des pouvoirs exécutifs en la matière.

C’est donc en respect de ces droits et devoirs et convaincu de l’évidence d’une entorse aux pratiques administratives et aux dispositions de la loi que j’aie décidé d’engager une procédure contentieuse dont le premier acte imposé par nos textes est cette démarche de recours gracieux à l’égard de notre pouvoir exécutif auteur de cette procédure et décision de révocation.

Le maire ou tout chef d’un exécutif, même privé, est débiteur d’une responsabilité morale, de principe. Mais la notion de fautes lourdes fait appel à la responsabilité personnelle. C’est pour cette raison que je tiens à apporter en justice la preuve de l’exclusion de ma responsabilité personnelle au regard des incriminations mentionnées dans le questionnaire auquel il ne m’a pas été permis de répondre avec précision.

C’est ici également l’occasion de remercier mes collègues conseillers qui ne m’ont jamais retiré leur confiance par les destitutions maintes fois orchestrées. Je vous suis reconnaissant pour tous les messages de soutien mais aussi pour les diverses appréciations auxquelles je suis sensible.

Je vous remercie.

Bonne fête du 15 août

 

Léhady Vinangnon Soglo