Rentrée gouvernementale : Les défis et priorités de Talon

Politique

Le gouvernement du président Patrice Talon entre de plain-pied dans le dernier quadrimestre de l’année 2017 à travers sa rentrée politique. Après deux semaines de congés plus ou moins mérités, les membres du gouvernement seront confrontés à aborder les priorités de première  heure, vu les défis qui restent à relever.

En prenant les rênes du Bénin sous le signe de la Rupture, Patrice Talon, voulait rompre avec principalement la politisation de l’administration béninoise qui, bien qu’étant la pierre angulaire de tout le système  de gouvernance, est minée par deux maux : le système partisan qui est devenu le meilleur facteur dans le processus de recrutement et la corruption sous toutes ses formes. L’année 2017 s’est égrenée avec des résultats certes probants à l’image du délestage qui se conjugue tant bien que mal au passé, la question de l’accès à l’eau potable qui s’étend sur toute l’étendue du territoire, et l’excellence qui sera désormais la prime au travail de qualité surtout dans le domaine de l’éducation. Le Programme d’Actions du Gouvernement, bréviaire du quinquennat, est timidement apprécié parce que les nombreuses campagnes pour son appropriation sont déjà des sources de positionnement politique.

Les quatre derniers mois de l’année 2017 pour l’administration Talon, s’annoncent comme cruciaux pour amorcer d’autres défis. Tant les chantiers sont énormes.

 

En attendant 2019

Plus aucun doute, les divers états-majors fourbissent déjà leurs armes pour les prochaines élections législatives. Ceci est un chantier de test et de taille pour Patrice Talon. Un test pour l’organisation du premier scrutin post élection présidentielle. Patrice Talon devra savoir résoudre les nombreuses difficultés d’abord d’un fichier électoral toujours source d’incongruités et de suspicion. Le Recensement initial Administratif à Vocation d’Identification de la Population, organe qui devra dans un premier temps déblayer le terrain a déjà du retard dans le démarrage de ses activités. Le Ravip à la charge de faire un recensement de la population à partir d’informations nominatives, personnelles et biométriques. Il permettra au Bénin de disposer enfin d’un fichier national centralisé et informatisé de l’identité de l’ensemble des béninois. L’autre défi politique que devra résoudre Patrice Talon, est le remaniement gouvernemental. Depuis la crise née de l’affaire dite des 18 kg de cocaïne, et la sortie médiatique en avril dernier du principal mis en cause, l’homme d’affaires Sébastien Ajavon dont le report de voix avait été déterminant dans le choix de Patrice Talon à la magistrature suprême, tous les observateurs politiques s’accordent à une recomposition gouvernementale. L’occasion est donc donnée à Patrice Talon de retoucher à son équipe, de procéder soit à un profond remaniement ou à un léger changement sur fond de chaise musicale. La recomposition du tissu politique issue des formations tous azimuts de groupes parlementaires à l’Assemblée Nationale, les arrimages des micro-partis qui jadis se pavanaient avec l’ancien régime, ont certes rendu la résolution de l’équation un peu plus compliquée pour Patrice Talon. Les 12 mois de 2018 vont paraitre interminables parce qu’il faut accepter les caprices de tout le monde en attendant d’avoir ‘’sa majorité’’ en 2019…

 

Quid des infrastructures

S’il est un domaine dans lequel, le gouvernement de la Rupture devra montrer ses muscles, c’est bien dans le domaine des infrastructures. Les attentes sont grandes. Certes les grandes annonces sont amorcées, la population ne retiendra que ce qui est réalisé.  Si Patrice Talon n’est pas encore champion des pauses de première pierre ou des coups de pioche, il devra maintenant puiser dans son PAG qui stipule dans le pilier 3, Amélioration des conditions de vie des populations, la construction de 20.000  logements sociaux. Le Bénin Révélé, veut faire aussi du marché de Parakou, un marché international, pour l’heure, aucun signe d’une telle intention. La construction de l’aéroport de Glo Djigbé, mentionné toujours dans le PAG, ne sera pas une réalité avant la fin du quinquennat. Ce projet qui date de près de 45 ans pourrait laisser place à la réhabilitation de l’aéroport de Tourou. Le projet Grand Nokouè sera aussi attendu pour la concrétisation d’une ville urbaine et moderne. Certains axes routiers, à l’image de l’axe Savalou-Djougou, doivent être réhabilités pour le bonheur des populations.

Les défis qui attendent l’équipe gouvernementale sont aussi énormes comme au premier jour du quinquennat et cette rentrée gouvernementale ne sera pas si apaisée que ça.

 

Régis de SOUZA