Affaire ICC Services : Boni Yayi s’invite au procès

Politique

L’ancien président béninois Thomas Boni Yayi, dont le nom est revenu abondamment dans le procès de collecte, d’épargne et de placement d’argent de façon illégale, procès dit ICC Services, par la voix de son conseil, vient de se constituer partie civile pour faux en témoignage.

Une action judiciaire est intentée par Thomas Boni Yayi près le Tribunal de Première Instance de Cotonou dans le dossier ICC Services. C’est la principale information à retenir lors du point de presse organisé par Me Renaud Agbodjo, représentant le collectif des avocats de l’ancien président Thomas Boni Yayi. Il a confirmé qu’une plainte avec constitution de partie civile a été déposée dans les mains du Président du Tribunal de Première Instance de Première Classe de Cotonou, sur le fondement des articles 361 du Code Pénal qui dispose ainsi : « Quiconque sera coupable de faux témoignage en matière criminelle, soit contre l’accusé, soit en sa faveur, sera puni de la peine de réclusion ». Cette plainte est donc déposée à l’encontre de l’ancien Procureur Général près la Cour d’Appel de Cotonou, Georges Constant Amoussou, pour avoir affirmé sans ambiguïté que le « Promoteur de ICC Services est bel et bien monsieur Thomas Boni Yayi avec la complicité de ses collaborateurs… ».

Pour les avocats de l’ancien Président, une telle déclaration devrait requérir de la part de la Cour, des avocats ayant adressé des questions aux témoins pour au besoin enclencher une action publique, et du Procureur Spécial, la recherche des éléments de preuve d’une telle allégation, pour la manifestation de la vérité. Une telle affirmation n’a rien d’autre que de livrer l’ancien Président à la vindicte populaire.

En déposant une plainte avec constitution de partie civile, Thomas Boni Yayi, exige de la Cour de Répression des Infractions Economiques et du Terrorisme, des preuves en soutien des allégations des témoins sachant et accusés. 

Il faut retenir que la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet), est créée à la suite de la loi 2018-13 du 2 juillet 2018 modifiant et complétant la loi n° 2001-37 du 27 août 2002 portant organisation judiciaire en République du Bénin. Le Premier Président de la Criet est, Cyriaque Dossa, Ulrich Gilbert Togbonon, le Procureur Spécial.  

 

Ghyslain-Euloge NANGA