Transport aérien au Bénin : 2016, année de recul

Société

2016 n’a pas été une très bonne année pour le transport aérien au Bénin. Les statistiques de la note de conjoncture sur le transport aérien au Bénin pour l’année 2016 ne sont pas reluisantes et les réformes apportées peuvent ne pas faire remonter la pente.

« L’année 2016 a été pour les compagnies aériennes installées à Cotonou, une mauvaise année. Le trafic a connu une baisse… ». La conclusion de la note de conjoncture sur le transport aérien pour l’année 2016 faite par l’Association des représentants des compagnies aériennes qui desservent notre pays, est on ne peut plus claire. Le trafic de la destination ‘’Bénin’’ est en chute et l’Association des représentants des compagnies aériennes tirent sur la sonnette d’alarme : « …les craintes sont plus que réelles de voir un impact certain des taxes nouvelles pour les passagers, ce qui situerait l’aéroport international de Cotonou aux premiers rangs des aéroports les plus chers de la sous-région avec comme conséquence une perte d’activité au profit des aéroports moins chers. ».

Cette note de conjoncture pour l’année 2016, après une analyse critique  de la situation sur trois volets à savoir : le trafic passager, le trafic fret et les infrastructures, est revenue sur les points essentiels sur lesquels, les réformes doivent être poursuivies au détriment d’autres. Sur le trafic passager par exemple, on note une régression de 3,57% passant de 511.392 passagers au départ et à l’arrivée en 2015 contre 493.759 en 2016. Pour ce qui est du trafic fret, cette activité est en baisse constante depuis 2014. Le volume de fret total transporté en 2016 est de 6.810.157 tonnes contre 7.787.949 tonnes en 2015, or l’export constitue à lui seul 55% du total du fret transporté. Selon le rapport fait par l’Association des compagnies aériennes, « la baisse du fret trouve son essence dans l’interdiction de la pratique du Cargo bag qui avait été décrétée par les autorités de l’aviation civile béninoise en décembre 2014, malgré le retour à la situation normale, beaucoup de clients avaient déjà pris la voie vers les destinations voisines concurrentes comme Lomé et Lagos ». En termes clairs, l’aéroport de Cotonou n’est plus le meilleur moyen pour certains clients compte tenu des restrictions qui sont opérées dans le service fret. Le troisième volet sur lequel s’est appesanti est l’aspect infrastructure. A ce niveau, beaucoup d’actions positives ont-elles été notées. Il s’agit surtout de l’agrandissement du hall départ, de l’augmentation du nombre de banques d’enregistrement dans le hall arrivée, de la remise en état de la piste d’atterrissage. Le périmètre aéroportuaire a été revu et renforcé avec des barbelés. Un bémol non moins important est relatif au parking automobile du hall arrivée, dont les travaux sont terminés et qui n’est toujours pas mis en service. Si 2016 a aussi permis d’avoir un abri pour les accompagnateurs, pour autant les compagnies qui desservent notre capitale économique ne sont pas toutes satisfaites de certaines réformes qui sont prises sans analyse objective de tous les détails. La décision du gouvernement de créer une taxe de sécurisation à l’embarquement et au débarquement reste toujours un nœud gordien entre les compagnies et l’Association internationale du transport aérien. Cette taxe de 10 euros (6500 f CFA), fait aussi grimper les prix des billets d’avion. Toute chose qui ne concoure à inciter le tourisme ou à faire augmenter le nombre de passagers à destination du Bénin.

 

Ghyslain-Euloge NANGA