Sortie médiatique de Patrice Talon sur France 24 et RFI : Pas de grâce présidentielle pour Madougou et Aïvo

Politique

Radio France Internationale et France 24 ont diffusé ce vendredi une interview exclusive que leur a accordée le chef d'État béninois fraîchement réélu. Différentes questions liées à l'actuel climat politique ponctué par l'arrestation de certaines figures majeures de l'opposition ont essentiellement animé cet entretien qui vient comme une lumière sur l'actualité politique béninoise.

Elu dès le premier avec  plus de 86℅ des suffrages exprimés, Patrice Talon est-il prêt a accordé la grâce présidentielle à certains membres de l'opposition en l’occurrence, Joël Aïvo et Reckya Madougou ? A cette question, la réponse du chef de l'État a été sans appel : « Il n'est pas envisageable que des gens soient graciés pour des actes qui deviennent répétitifs. Ce serait une faute » et il poursuit : « Je n'envisage point l'impunité. Je n'envisage point gracier, amnistier des récidivistes » a-t-il affirmé avec dextérité. Loin d'être un simple entretien, c'est est un véritable prétexte pour Patrice Talon de revenir sur certains faits qui ont marqué le pays ces derniers temps. Et, il en a profité pour expliquer à l'opinion international ce qui se passe au Benin.  « Je vais vous dire ce qui se passe au Bénin et qui est dû à nos dirigeants qui sont devenus au fil du temps des prédateurs pour leurs pays et ceci malheureusement à l'instar de dirigeants de la plupart des pays africains. Mon pays le Bénin était devenu l'otage de la classe politique faite de toutes sortes d'individus y compris de trafiquants de drogue. Pourquoi en répétant les propos de ceux qui paraissent être victimes des réformes au Bénin, vous faites sélection de leurs propos » s’est-il interrogé face aux journalistes, Marc Pelerman et Christophe Boisbouvier…. Patrice Talon poursuit : « Tout le monde a entendu ceux-ci dire sur les réseaux sociaux et dans des prises de paroles publiques que les électionsn'auront jamais lieu au Bénin. Même si on pouvait admettre qu'ils puissent en tant qu'opposants dire cela, doit-on aussi tolérer le fait qu'ils aient pu agir pour cela conformément à leurs déclarations? Doit-on en tant que dirigeants et au nom de la démocratie, fermer les yeux sur les actes de personnes qui ont recruté des mercenaires (dont eux-mêmes disent qu’ils sont des chasseurs) et les amener à tirer sur les forces de l'ordre ? Doit-on cesser d'appliquer à ceux-là les textes de la République pour le seul motif qu'ils sont des opposants? ». Cette interview exclusive qui a été diffusée sur France 24 était aussi reprise sur RFI. Elle ne manquera pas d’alimenter les conversations politiques ces dernières heures.

Raoul DONVIDE