Tabaski : Entre Covid-19 et cherté de la vie, la fête a eu lieu

Société

Les fidèles musulmans ont célébré l’édition 2021 de l’Aïd el-Kébir  ce mardi 20 juillet. Au Bénin, la morosité économique et la pandémie n’ont pu empêcher cette grande réunion familiale autour du mouton. Les disciples de Mahomet se sont réjouis malgré tout.

Au Bénin, la fête a été plus ou moins effervescente. A Tankpè, un quartier de la commune d’Abomey-Calavi, la famille du jeune Issa, n’a pas manqué le rendez-vous. « J’ai bien profité de la fête », a confié Issa avec un sourire biaisé au coin des lèvres. Ce dernier aurait souhaité mieux pour cette grande fête. « Je suis content mais pas totalement. Car la fête n’est pas aussi gigantesque comme avant. Entre temps, tout bouge et on sent vraiment qu’il y a une fête. Mais aujourd‘hui, on dirait que c’est simplement une petite retrouvaille en  famille. Je ne suis pas sorti pour une ballade avec les amis à cause de la pandémie aussi », a-t-il ajouté. Pour s’acheter un mouton, il faut débourser entre 30.000F et 120.000F selon la convenance.  La famille de Issa n’est pas restée inactive. « J’avais déjà cotisé pour l’achat du mouton. Seulement que cette année c’est cher et il n’y a pas aussi d’argent. Donc je n’ai pas pu acheter un grand mouton », va déclarer le père de Issa. Quant à la mère du jeune musulman, elle s’était occupée de la préparation de la fête. Riz à la sauce du mouton, pâte noire et Akassa ; un plateau de mets a été partagé avec les voisins et l’entourage. « Avant, je préparais plusieurs mets dans des grandes marmites, vraiment grandes…Mais maintenant les choses ont changé. Mon mari a fait ce qu’il peut et on se contente de ça. La fête est belle en tout cas », s’est-elle réjouie.

Aïd el-Kébir est la plus grande fête du calendrier musulman. Célébrée deux mois et dix jours après la fête de Ramadan, la tabaski signifie littéralement « la fête du mouton». Elle rappelle la soumission d’Ibrahim à Dieu, lorsque celui-ci lui demande de sacrifier son fils, Ismaël. Au moment d‘exécuter l’ordre divin, l’archange Gabriel apparut et envoya un mouton à immoler en lieu et place du fils d’Ibrahim. C’est pour perpétuer cette tradition que chaque fidèle musulman tue un mouton le jour de la fête après la prière de la mosquée. Le mouton est divisé en trois parties : la première pour la consommation à la maison, la deuxième pour ceux qui n’ont rien et la troisième est réservée pour le lendemain et les jours qui suivent.

Bertin DOKO